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Économie de course : comment courir plus efficacement ?

Force, pliométrie, gainage et routine progressive de 8 semaines : les leviers réellement étayés pour courir avec un coût énergétique plus faible.

Qöna9 août 202613 min de lecture

Points clés

  • 1L'économie de course correspond au coût énergétique d'une course sous-maximale à vitesse donnée.
  • 2La force lourde et la pliométrie sont les stratégies complémentaires les mieux étayées, sans effet garanti pour chaque coureur.
  • 3Le gainage et le travail des fessiers sont utiles pour la capacité physique et le contrôle du mouvement, mais leur effet direct sur l'économie reste moins certain.
  • 4Une routine de huit semaines constitue un bloc pratique, pas une durée universelle suffisante.
  • 5Pour suivre un progrès, il faut répéter le même protocole dans des conditions comparables.

Deux coureurs peuvent avancer à la même allure sans dépenser la même quantité d'énergie. Celui qui consomme le moins d'oxygène, à conditions comparables et à une vitesse sous-maximale donnée, possède généralement une meilleure économie de course. Cette qualité compte dans la performance d'endurance, aux côtés de la VO2max, des seuils, de l'endurance et de la stratégie de course [1,2].

La bonne nouvelle : l'économie de course peut évoluer. Le renforcement à charges élevées, la pliométrie et certaines combinaisons de méthodes obtiennent des améliorations moyennes dans les études. Mais il n'existe ni exercice miracle ni promesse de résultat en huit semaines : la réponse dépend du niveau initial, du programme, de la récupération et de la façon dont l'économie est mesurée [3-5].

Coureur s'entraînant sur une piste pour améliorer son économie de course
Coureur s'entraînant sur une piste pour améliorer son économie de course

Qu'est-ce que l'économie de course ?

En laboratoire, l'économie de course est le plus souvent décrite comme la demande énergétique ou la consommation d'oxygène nécessaire pour courir à une vitesse sous-maximale donnée [1,2]. À vitesse, pente et conditions identiques, une consommation plus faible indique une meilleure économie.

Cette mesure ne doit pas être confondue avec :

  • la VO2max, qui représente une capacité maximale ;
  • le seuil, qui renseigne sur l'intensité durable ;
  • la technique visible, car une foulée esthétique n'est pas forcément plus économique ;
  • une fréquence cardiaque isolée, influencée par la chaleur, la fatigue, le stress, l'hydratation et la caféine ;
  • l'« efficacité » affichée par une montre, dont l'algorithme n'est pas équivalent à une mesure métabolique en laboratoire.

On parle aussi d'économie ou d'efficacité en cyclisme et en natation, mais les contraintes mécaniques et les méthodes de mesure diffèrent. Un progrès dans une discipline ne prouve donc pas automatiquement un progrès dans une autre.

Pourquoi est-elle importante pour la performance ?

À capacités physiologiques proches, dépenser moins d'énergie à une allure donnée peut aider à soutenir cette allure plus longtemps. L'économie de course n'explique toutefois pas toute la performance : l'entraînement d'endurance, la vitesse associée aux seuils, la tolérance à l'effort, le ravitaillement, la chaleur, le parcours et la tactique restent déterminants.

L'économie varie également avec la vitesse de test. Une méthode peut améliorer le coût énergétique à une allure sans produire exactement le même effet à une autre [3]. C'est pourquoi un test doit être choisi en fonction du profil du coureur et répété avec le même protocole.

Quels leviers améliorent le mieux l'économie de course ?

1. Construire d'abord une pratique régulière

Avant les exercices spécialisés, la priorité reste une course à pied régulière et progressive. L'expérience d'entraînement fait partie des facteurs associés à une meilleure économie [1,2]. Les sorties faciles développent la base aérobie et permettent d'accumuler du volume ; les séances plus soutenues préparent à produire une allure élevée. Le renforcement complète ce travail, il ne le remplace pas.

2. Développer la force avec une technique maîtrisée

Les synthèses disponibles indiquent que le travail à charges élevées peut produire une petite amélioration moyenne de l'économie de course. Les méthodes combinées peuvent également être efficaces [3-5]. L'objectif n'est pas de rechercher l'épuisement ou les courbatures, mais d'augmenter la capacité à produire de la force avec peu de répétitions de qualité.

  • squat ou presse à cuisses ;
  • soulevé de terre roumain ou autre mouvement de charnière de hanche ;
  • fente, split squat ou step-up ;
  • élévation de mollets ;
  • portés ou exercices anti-rotation pour le tronc.

Pour un pratiquant expérimenté, les études classent généralement comme « lourdes » les charges proches ou supérieures à 80 % du maximum sur une répétition [3]. Ce repère n'est pas une obligation : un débutant gagne à apprendre les mouvements avec une charge modérée, sous supervision si possible, et à conserver deux à quatre répétitions en réserve. Un exercice sans charge externe peut être exigeant, mais il ne remplace pas toujours un véritable stimulus de force maximale.

Athlète réalisant un soulevé de terre avec haltère en salle
Athlète réalisant un soulevé de terre avec haltère en salle

3. Ajouter de la pliométrie progressivement

La pliométrie utilise des actions rapides d'étirement-raccourcissement : rebonds de chevilles, sauts, bonds ou foulées bondissantes. Elle peut améliorer l'économie, en particulier dans certains protocoles et à certaines vitesses [1,3]. La qualité des réceptions compte davantage qu'un volume spectaculaire.

  • pogos ou petits rebonds de chevilles ;
  • corde à sauter à faible amplitude ;
  • squat jumps contrôlés ;
  • skipping technique ;
  • sauts sur caisson bas.

Les fentes sautées, bonds longs et drop jumps demandent davantage de force, de coordination et de tolérance. Ils ne sont pas indispensables pour débuter. Arrête une série si les réceptions deviennent bruyantes, instables ou si la hauteur chute nettement.

Athlète effectuant un saut sur caisson pendant une séance de pliométrie
Athlète effectuant un saut sur caisson pendant une séance de pliométrie

4. Travailler les fessiers sans leur attribuer tous les pouvoirs

Les muscles fessiers latéraux participent au contrôle du bassin et de la hanche pendant la course. Des step-downs, marches latérales avec élastique, split squats et portés unilatéraux peuvent renforcer cette fonction. La référence souvent citée sur ce sujet est toutefois un article de synthèse pratique, pas un essai démontrant qu'un exercice isolé améliore directement l'économie [7].

Un meilleur contrôle peut être pertinent, surtout en présence d'un déficit identifié, mais « bassin plus stable » ne signifie pas automatiquement « course plus économique » chez tout le monde.

5. Utiliser le gainage comme support, pas comme raccourci

Un petit essai randomisé mené auprès de 21 étudiants sportifs masculins a observé, après trois séances supplémentaires de gainage par semaine pendant huit semaines, une amélioration de l'endurance du tronc et certains changements de fréquence cardiaque et de consommation d'oxygène selon les paliers du test [6]. C'est encourageant, mais insuffisant pour affirmer que trois gainages hebdomadaires réduisent systématiquement le coût énergétique de tous les coureurs.

Le gainage reste utile pour transmettre les forces et maintenir une position sous fatigue. Deux à trois exercices courts peuvent suffire dans une séance : planche latérale, dead bug, Pallof press, farmer carry ou bird dog.

Athlète tenant une planche latérale sur un terrain de sport
Athlète tenant une planche latérale sur un terrain de sport

Faut-il modifier sa foulée ?

La biomécanique contribue à l'économie, mais les relations sont complexes. Une méta-analyse de 2024 montre que de nombreuses variables visibles, comme le temps de contact ou la longueur de foulée, présentent des associations faibles ou non significatives lorsqu'elles sont étudiées séparément [8]. Une cadence légèrement plus élevée est associée à un coût plus faible, mais une association ne prouve pas qu'imposer la même cadence à tous améliorera leur économie.

Évite donc de forcer une attaque de pied, une longueur de foulée ou une cadence universelle uniquement pour « mieux courir ». Une modification technique est plus pertinente lorsqu'elle répond à un objectif précis, avec une progression graduelle et, idéalement, l'observation d'un entraîneur ou d'un professionnel compétent.

Routine de huit semaines pour le coureur

Cette routine est un exemple éditorial, pas une prescription individuelle ni le protocole exact d'une étude. Elle vise un adulte déjà habitué à courir, sans douleur active et capable d'exécuter les mouvements de base. En cas de blessure, de reprise récente, de maladie, de grossesse ou de doute médical, demande un avis adapté avant de commencer.

SemainesSéance A : forceSéance B : pliométrie et troncIntention
1-22 séries de 8 répétitions, effort perçu 6/102 séries courtes par exercice, sauts basApprendre, finir frais
3-43 séries de 6, effort 7/103 séries de 4 à 6 sauts, gainage contrôléConstruire sans échec
5-63 à 4 séries de 4 à 6, effort 7-8/103 séries de qualité ; bonds seulement si maîtrisésProduire plus de force
73 séries de 4, volume de sauts réduit d'environ 25 %Réceptions rapides et stablesGarder l'intensité, réduire la fatigue
82 séries modérées, aucune série à l'échecEnviron la moitié du volume maximal du blocAssimiler et réévaluer

Garde généralement deux à quatre répétitions en réserve pendant les premières semaines, puis au moins deux lorsque la charge augmente. Aucune série ne doit se terminer par une répétition forcée. Pour la pliométrie, augmente une seule variable à la fois : hauteur, complexité ou nombre de contacts.

Une seule séance hebdomadaire peut constituer un point de départ ou une dose d'entretien : combine alors trois mouvements de force, un exercice de sauts simples et un exercice de tronc. Elle ne doit pas être présentée comme suffisante pour tout le monde ; les études efficaces ont utilisé des fréquences et des durées variées [3-5].

Où placer le renforcement dans la semaine ?

Évite une première séance lourde la veille d'une sortie longue ou d'un fractionné important. Deux options fonctionnent souvent :

  • placer le renforcement après une séance exigeante, avec plusieurs heures d'écart si possible, afin de préserver les jours faciles ;
  • le programmer après un footing court et facile, puis garder au moins 24 à 48 heures avant la prochaine séance clé.

Le meilleur placement est celui qui maintient la qualité de la course, la régularité et la récupération. Réduis temporairement les charges ou les sauts lors d'une semaine de compétition, d'une hausse de volume en course ou d'une fatigue inhabituelle.

Comment mesurer ses progrès ?

La mesure de référence utilise les échanges gazeux en laboratoire à une ou plusieurs vitesses sous-maximales. Pour comparer deux tests, conserve autant que possible :

  • la même vitesse, pente et durée de palier ;
  • les mêmes chaussures et le même tapis ou parcours ;
  • une température et une heure proches ;
  • un état d'hydratation et une alimentation comparables ;
  • une charge d'entraînement similaire dans les jours précédents.

Sur le terrain, une allure plus rapide pour un effort perçu similaire peut être un signal utile, mais pas une preuve isolée d'une meilleure économie. Observe une tendance sur plusieurs séances avec l'allure, le ressenti, la fréquence cardiaque et les conditions, sans attribuer toute variation à un seul facteur.

Les erreurs à éviter

  • Ajouter beaucoup de sauts d'un coup alors que les mollets et les tendons n'y sont pas préparés.
  • Chercher l'échec musculaire et sacrifier les séances de course suivantes.
  • Copier une charge ou un nombre de répétitions sans tenir compte de son expérience.
  • Changer volontairement toute sa foulée à partir d'une vidéo ou d'une valeur de montre.
  • Promettre qu'un programme de renforcement empêchera les blessures : une méta-analyse récente n'a pas trouvé de réduction globale claire du risque ou du taux de blessures chez les coureurs d'endurance, même si la supervision pourrait jouer un rôle [9].
  • Continuer malgré une douleur qui augmente, modifie la foulée ou persiste après la séance.

Les deux séances types de la semaine

Deux séances courtes suffisent pour structurer le bloc : une orientée force, l'autre orientée pliométrie et tronc.

Séance A — Force (35 à 45 min)

1. Squat ou presse à cuisses. 2. Soulevé de terre roumain. 3. Split squat ou step-up. 4. Élévations de mollets. 5. Pallof press ou farmer carry.

Séance B — Pliométrie et tronc (25 à 35 min)

1. Pogos ou corde à sauter. 2. Squat jump ou saut sur caisson bas. 3. Skipping, puis foulées bondissantes seulement si la technique est maîtrisée. 4. Step-down ou marche latérale avec élastique. 5. Planche latérale et dead bug.

Répétitions en réserve

Deux à quatre répétitions en réserve les premières semaines, au moins deux ensuite. Aucune série ne se termine par une répétition forcée.

Progression

Une seule variable augmente à la fois : hauteur de saut, complexité du mouvement ou nombre de contacts au sol.

Les semaines 7 et 8 réduisent le volume pour assimiler le travail avant de réévaluer.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'économie de course ?

L'économie de course est la quantité d'énergie ou d'oxygène nécessaire pour courir à une vitesse sous-maximale donnée. À protocole identique, un coût plus faible correspond à une meilleure économie.

Comment améliorer son économie de course ?

Une pratique régulière, le renforcement à charges élevées, la pliométrie et certains programmes combinés peuvent l'améliorer. La progression doit rester adaptée au niveau, à la récupération et à la tolérance du coureur.

Quels exercices sont les plus efficaces ?

Les squats ou presses, mouvements de charnière de hanche, exercices unilatéraux, mollets et sauts progressifs sont de bonnes bases. Aucun exercice isolé n'est supérieur pour tous les coureurs.

Le gainage améliore-t-il l'économie de course ?

Le gainage améliore la capacité du tronc et peut soutenir la posture sous fatigue. Un petit essai a observé certains bénéfices métaboliques, mais les preuves restent trop limitées pour garantir une meilleure économie chez tous les coureurs.

En combien de temps peut-on progresser ?

Des études ont observé des changements après six à douze semaines ou davantage. Huit semaines constituent un bloc pratique, mais le résultat et le délai varient selon le niveau, le programme et la mesure utilisée.

Combien de séances de renforcement faut-il faire par semaine ?

Deux séances courtes par semaine sont un repère pratique pendant un bloc de développement. Une séance peut être utile pour débuter ou entretenir, tandis que la dose doit diminuer quand la charge de course ou la compétition augmente.

Le renforcement prévient-il les blessures en course à pied ?

Il développe des qualités physiques utiles, mais les essais disponibles ne montrent pas une réduction globale certaine des blessures chez les coureurs d'endurance. La progression de charge, la récupération, la supervision et la réponse individuelle restent essentielles.

Le conseil du coach Qöna

Cherche une progression discrète mais durable : deux séances courtes et bien placées valent mieux qu'un grand circuit épuisant réalisé de façon irrégulière. Garde la course au centre, développe la force et l'élasticité progressivement, puis juge l'effet sur plusieurs semaines.

Anticipez vos journées les plus exigeantes

Utilise Qöna pour organiser ce travail de force et de pliométrie autour de tes séances de course. Quand une séance bouge ou saute, la suivante s'ajuste au lieu d'empiler la charge.

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Information importante : cet article fournit des informations générales et ne remplace pas une évaluation médicale, kinésithérapique ou sportive individualisée. Une douleur qui s'aggrave, modifie la foulée ou s'accompagne d'un gonflement important doit conduire à interrompre l'exercice et à demander un avis professionnel.

Références scientifiques

  1. [1] Barnes KR, Kilding AE. Strategies to improve running economy. Sports Med. 2015;45(1):37-56.
  2. [2] Barnes KR, Kilding AE. Running economy: measurement, norms, and determining factors. Sports Med Open. 2015;1:8.
  3. [3] Llanos-Lagos C, Ramirez-Campillo R, Moran J, Sáez de Villarreal E. Effect of strength training programs in middle- and long-distance runners' economy at different running speeds: a systematic review with meta-analysis. Sports Med. 2024;54(4):895-932.
  4. [4] Berryman N, Mujika I, Arvisais D, et al. Strength training for middle- and long-distance performance: a meta-analysis. Int J Sports Physiol Perform. 2018;13(1):57-63.
  5. [5] Blagrove RC, Howatson G, Hayes PR. Effects of strength training on the physiological determinants of middle- and long-distance running performance: a systematic review. Sports Med. 2018;48(5):1117-1149.
  6. [6] Hung KC, Chung HW, Yu CCW, Lai HC, Sun FH. Effects of 8-week core training on core endurance and running economy. PLOS ONE. 2019;14(3):e0213158.
  7. [7] Fetters T. Exploring the role of the lateral gluteal muscles in running: implications for training. Strength Cond J. 2020;42(1):60-66.
  8. [8] Van Hooren B, Jukic I, Cox M, et al. The relationship between running biomechanics and running economy: a systematic review and meta-analysis of observational studies. Sports Med. 2024;54(5):1269-1316.
  9. [9] Wu H, Brooke-Wavell K, Fong DTP, Paquette MR, Blagrove RC. Do exercise-based prevention programs reduce injury in endurance runners? A systematic review and meta-analysis. Sports Med. 2024;54(5):1249-1267.