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Ravitaillement marathon : construire un plan qui tient 42,195 km

Glucides par heure, gels, boisson, hydratation et logistique des tables : la méthode pour calculer un plan de ravitaillement testé et tenable jusqu'au bout.

Qöna11 août 202614 min de lecture

Points clés

  • 1Pour un marathon, les recommandations se situent souvent autour de 60 à 90 g de glucides par heure, mais seule une cible progressivement testée est pertinente pour toi [1,2].
  • 2Compte les glucides de toutes les sources : gels, boisson, gommes, compotes et aliments.
  • 3Hydrate-toi selon un plan individualisé ou la soif ; boire systématiquement à chaque table peut conduire à une surhydratation [5,6].
  • 4Le plan doit être construit avec le guide réel de la course et répété à l'allure marathon, dans des conditions proches du jour J.

Le ravitaillement d'un marathon ne se résume pas à « un gel et un verre tous les 5 km ». Ton allure, la durée prévue, la météo, ta transpiration, les produits disponibles et surtout ta tolérance digestive changent complètement le plan.

Une stratégie efficace se calcule par heure, se répète à l'entraînement et reste assez simple pour être suivie lorsque la fatigue augmente.

Marathonien recevant un verre d'eau à une zone de ravitaillement
Marathonien recevant un verre d'eau à une zone de ravitaillement

Pourquoi raisonner en temps plutôt qu'en kilomètres ?

Deux athlètes peuvent atteindre le 30e kilomètre avec plus d'une heure d'écart. S'ils consomment tous les deux un gel tous les 5 km, leur apport horaire sera très différent. Les formats varient aussi : un gel peut fournir 20 g, 25 g, 40 g ou davantage de glucides. Dire « six à huit gels » sans connaître la durée et l'étiquette n'a donc pas de sens.

La base du calcul est simple :

glucides prévus = durée estimée en heures × cible testée en g/h

Exemple pédagogique, pas prescription : un objectif testé de 60 g/h pendant quatre heures représente 240 g de glucides sur la course. Si une boisson en fournit 30 g/h, les autres produits doivent en apporter environ 30 g/h. Il ne faut pas ajouter les gels par-dessus sans recompter le total.

Quelle quantité de glucides viser pendant un marathon ?

Pour un effort supérieur à 2 h 30 ou 3 heures, les recommandations sportives utilisent couramment une plage allant jusqu'à 90 g/h, généralement avec plusieurs glucides transportables, comme un mélange glucose ou maltodextrine avec fructose [1,2]. Une cible de 60 à 70 g/h se situe dans une plage cohérente, mais elle ne convient pas automatiquement à chaque coureur.

Cible envisagéeCe qu'elle signifie en pratique
Moins de 60 g/hPeut correspondre à une tolérance encore limitée ; à comparer avec les besoins et la durée avec un professionnel
60 à 75 g/hZone fréquemment utilisée sur marathon, à construire progressivement à l'entraînement
75 à 90 g/hDemande généralement davantage de pratique digestive et des glucides multiples
Plus de 90 g/hStratégie avancée ; les données de performance restent moins établies et Qöna ne la propose pas automatiquement

Une cible plus élevée n'est pas toujours meilleure. Si elle provoque nausées, ballonnements, reflux ou diarrhée, l'apport réellement absorbé et la qualité de course peuvent se dégrader. La meilleure cible est celle qui soutient ton effort et que tu tolères dans les conditions prévues.

Comment convertir ta cible en produits ?

Commence par lire l'étiquette de chaque produit : glucides par unité, volume conseillé avec un gel, caféine éventuelle et sodium. Construis ensuite une ligne du temps, par exemple toutes les 20 à 30 minutes si ce rythme a été testé, plutôt qu'une règle attachée à chaque kilomètre.

Produit fictifQuantitéGlucidesÀ compter dans le total
Gel A1 sachet25 gOui
Boisson B500 ml préparés selon l'étiquette30 gOui
Gommes C3 unités18 gOui
Compote D1 gourde20 gOui

Certains gels sont conçus pour être pris avec de l'eau, d'autres sont plus dilués. Suis le mode d'emploi réellement testé. Les barres et aliments solides peuvent convenir à certaines personnes, mais ils sont souvent plus difficiles à mâcher et à tolérer à l'intensité marathon.

Coureur tenant un gel énergétique sur une piste d'athlétisme
Coureur tenant un gel énergétique sur une piste d'athlétisme

Avant la course : remplir les réserves sans improviser

Les jours précédant un marathon, une augmentation planifiée des glucides peut maximiser les réserves de glycogène [3]. Les repères élevés parfois cités, autour de 10 à 12 g/kg/j sur 36 à 48 heures, nécessitent une vraie préparation alimentaire et ne doivent pas être improvisés la veille. Un diététicien du sport peut les adapter au poids, aux habitudes et à la tolérance.

Le repas pré-course se situe généralement entre une et quatre heures avant le départ, avec une quantité de glucides adaptée au délai et à l'individu. Choisis des aliments familiers et ajuste fibres, graisses et protéines selon ce que ton ventre supporte. Une compote ou une boisson dans les 30 minutes précédant le départ est une option, pas une obligation ; elle doit être intégrée au total et testée.

Petit-déjeuner riche en glucides avec flocons d'avoine, banane et fruits rouges
Petit-déjeuner riche en glucides avec flocons d'avoine, banane et fruits rouges

Hydratation : ni trop peu, ni trop

La chaleur augmente souvent la transpiration, mais « boire un verre minimum à chaque table » n'est pas une règle sûre. Le risque inverse existe : consommer davantage de liquide que ce que l'on perd peut provoquer une hyponatrémie associée à l'exercice, potentiellement grave [6]. Une boisson avec électrolytes ne protège pas de ce risque si le volume total est excessif.

Deux approches peuvent être raisonnables :

  • boire selon la soif, particulièrement lorsque l'on ne dispose pas d'un plan individualisé ;
  • utiliser un plan construit à partir de mesures de transpiration réalisées à l'entraînement, dans des conditions et à une allure comparables [5].

Pour estimer grossièrement tes pertes, pèse-toi avant et après plusieurs sorties spécifiques, en comptant les boissons consommées et les urines éventuelles. La valeur varie selon la météo : une mesure unique en hiver ne prédit pas un marathon chaud. Pendant l'effort, l'objectif de sécurité est notamment de ne pas prendre de poids à cause d'un apport liquidien excessif.

Les boissons à 6–8 % de glucides sont courantes, mais « isotonique » ne signifie pas automatiquement idéale pour tout le monde. Vérifie la concentration obtenue après préparation, le sodium, les glucides par flasque et la combinaison avec les gels.

Et le sodium, la caféine et les crampes ?

Le sodium peut améliorer le goût et la rétention des liquides et contribuer à remplacer des pertes importantes. Sa quantité doit tenir compte de la transpiration, de la boisson, des produits et du contexte. Des comprimés de sel ne sont pas systématiquement nécessaires et n'annulent jamais le risque lié à une surconsommation d'eau.

Les crampes sont multifactorielles [8]. Les réduire à un manque de sel conduit à des conseils trop simples ; la fatigue neuromusculaire, l'allure, la préparation et l'historique individuel comptent aussi.

La caféine peut améliorer l'endurance chez certaines personnes, mais les réponses et les effets indésirables varient [7]. Additionne toutes les sources, y compris café, gels et boissons. Ne découvre jamais un produit caféiné le jour J et demande un avis professionnel en cas de grossesse, de problème cardiovasculaire, de traitement, d'anxiété marquée ou de sensibilité particulière.

La logistique des ravitaillements

Les tables ne sont pas obligatoirement espacées de 5 km et leur contenu peut changer. Consulte le guide officiel à jour : kilomètre exact, ordre eau/boisson/aliments, marque, concentration, gobelets ou flasques, assistance autorisée et règles environnementales.

  • anticipe la table et évite tout changement brutal de trajectoire ;
  • signale que tu ralentis et utilise toute la longueur de la zone au lieu de couper vers le premier bénévole ;
  • marche quelques secondes si cela te permet de boire proprement, à condition de te décaler sans gêner ;
  • ouvre ton produit avant la zone si tu l'as pratiqué, puis utilise l'eau selon ses instructions ;
  • ne jette les emballages que dans les zones autorisées ;
  • conserve une solution de secours si un ravitaillement manque ou si le produit annoncé a changé.
Groupe de marathoniens sur un parcours urbain bordé de spectateurs
Groupe de marathoniens sur un parcours urbain bordé de spectateurs

Entraîner son système digestif

La tolérance se travaille. Les essais disponibles suggèrent que des expositions répétées aux glucides et aux liquides pendant l'exercice peuvent réduire certains symptômes ou améliorer l'absorption, mais les réponses restent variables [4].

Sur plusieurs sorties spécifiques :

  • Commence avec une quantité déjà tolérée.
  • Augmente progressivement vers la cible, sans changer tous les produits à la fois.
  • Teste à l'allure marathon, pas seulement lors d'une sortie très facile.
  • Répète si possible dans la chaleur et avec l'équipement prévus.
  • Note l'apport réellement consommé, pas seulement celui qui était prévu.
  • Consigne nausées, reflux, ballonnements, douleurs, envie urgente et niveau d'énergie.

Un régime sans gluten ou pauvre en FODMAP ne doit pas être adopté automatiquement. Une stratégie restrictive peut créer des carences ou compliquer l'apport en glucides ; elle se discute avec un professionnel lorsqu'il existe de vrais symptômes.

Trois exemples de calcul, pas trois prescriptions

Le tableau montre uniquement le total correspondant à 60 g/h. Il ne définit ni les produits, ni les liquides, ni la cible optimale.

Temps estiméTotal théorique à 60 g/hExemple d'organisation temporelle
3 h180 gPetites prises régulières selon le plan testé
4 h240 gGlucides répartis entre gels, boisson ou aliments tolérés
5 h300 gMême cible horaire, avec davantage d'unités à transporter ou récupérer

Un marathon plus lent ne justifie pas d'attendre le 25e kilomètre pour ajouter de l'énergie : les apports réguliers commencent tôt selon le protocole testé. À l'inverse, rajouter soudainement une gaufre ou une boisson au 20e kilomètre peut dépasser la cible et déclencher des symptômes.

Que faire si le plan ne passe plus ?

Une légère sensation de trop-plein invite à ralentir les prises, à vérifier le cumul boisson + gels et à adapter l'allure si nécessaire.

Vomissements répétés, confusion, mal de tête important, gonflement, faiblesse inhabituelle, frissons ou perte de coordination nécessitent de s'arrêter et de solliciter l'équipe médicale de la course.

Ces signes peuvent avoir plusieurs causes et ne doivent pas être diagnostiqués avec une application.

Un exemple de plan sur écran, pour un marathon estimé à 4 heures

Ce déroulé illustre la logique horaire. Il ne remplace pas ta propre cible testée ni le guide officiel de ta course.

3 h avant le départ

Repas pré-course familier, riche en glucides, adapté au délai et à ta tolérance. Boisson selon la soif, sans nouveauté.

Départ à 1 h

Premières prises tôt selon le protocole testé, par exemple toutes les 20 à 30 minutes, en comptant les glucides de la boisson.

1 h à 3 h

Maintiens la cible horaire plutôt qu'un gel par table. Vérifie le cumul liquide et adapte à la chaleur réelle, sans boire plus que tes pertes.

3 h à l'arrivée

Garde le même rythme de prises tant qu'il passe. Si le ventre se serre, espace légèrement plutôt que d'arrêter totalement les glucides.

Le bon plan tient sur un écran : heure prévue, produit, quantité, glucides cumulés, liquide et caféine. S'il ne tient pas en une ligne par prise, il sera abandonné au 30e kilomètre.

Questions fréquentes

Combien de gels faut-il pour un marathon ?

Il n'existe pas de nombre universel. Multiplie ta cible testée en glucides par la durée estimée, puis soustrais les glucides fournis par les boissons et autres aliments. Divise enfin le reste par les grammes contenus dans chaque gel.

Combien de glucides faut-il consommer par heure ?

Pour un marathon, les recommandations se situent souvent entre 60 et 90 g/h. La cible doit être atteinte progressivement à l'entraînement ; une quantité élevée non testée peut provoquer des symptômes digestifs.

Faut-il boire à chaque ravitaillement ?

Non, pas automatiquement. L'espacement des tables, la météo, la transpiration et l'allure varient. Bois selon la soif ou un plan individualisé et évite de consommer plus de liquide que tu n'en perds.

Peut-on associer boisson énergétique et gels ?

Oui, si la combinaison a été testée. Additionne leurs glucides, liquides, sodium et caféine afin de ne pas dépasser involontairement la cible ou la tolérance digestive.

Faut-il manger dans les 30 minutes avant le départ ?

Ce n'est pas obligatoire. Une petite prise de glucides peut convenir à certains coureurs, mais elle doit compléter un repas pré-course familier, être comptée dans le plan et avoir été testée.

Comment éviter les problèmes digestifs pendant le marathon ?

Entraîne progressivement la quantité et les produits à l'allure prévue, fractionne les prises et reproduis les conditions de course. N'adopte pas un régime restrictif sans motif ni accompagnement professionnel.

Peut-on terminer un marathon sans ravitaillement ?

Certaines personnes peuvent terminer avec peu ou pas de glucides, mais cela ne constitue pas une stratégie fiable de performance. Les apports glucidiques pendant un effort prolongé aident généralement à maintenir l'intensité et à retarder la fatigue.

Le conseil du coach Qöna

Le bon plan de ravitaillement doit tenir sur un écran : heure prévue, produit, quantité, glucides cumulés, liquide et caféine. Qöna peut vérifier que la somme correspond à la cible, que le produit a été testé et que le volume n'est pas simplement calqué sur chaque table.

L'application doit aussi fonctionner hors ligne, permettre de cocher les prises et recalculer uniquement l'affichage du retard. Elle ne doit pas ordonner de « rattraper » plusieurs gels d'un coup, diagnostiquer une déshydratation ou augmenter automatiquement la consommation selon la température.

Anticipez vos journées les plus exigeantes

Prépare ton plan de ravitaillement dans Qöna : cible horaire, produits testés et rappels pendant la course, sans improvisation le jour J.

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Ce contenu s'adresse aux adultes en bonne santé et ne remplace pas un avis médical ou nutritionnel individualisé. Diabète, maladie digestive ou rénale, grossesse, traitement et antécédent d'hyponatrémie nécessitent un plan établi avec un professionnel.

Références scientifiques

  1. [1] Thomas DT, Erdman KA, Burke LM. Nutrition and Athletic Performance. Med Sci Sports Exerc. 2016;48(3):543-568.
  2. [2] Burke LM, Hawley JA, Wong SHS, Jeukendrup AE. Carbohydrates for training and competition. J Sports Sci. 2011;29(sup1):S17-S27.
  3. [3] Hearris MA, Hammond KM, Fell JM, Morton JP. Regulation of Muscle Glycogen Metabolism during Exercise. Nutrients. 2018;10(3):298.
  4. [4] Martinez IG, Mika AS, Biesiekierski JR, Costa RJS. The Effect of Gut-Training and Feeding-Challenge on Markers of Gastrointestinal Status. Sports Med. 2023;53(6):1175-1200.
  5. [5] McDermott BP, Anderson SA, Armstrong LE, et al. Fluid Replacement for the Physically Active. J Athl Train. 2017;52(9):877-895.
  6. [6] Hew-Butler T, Rosner MH, Fowkes-Godek S, et al. Third International Exercise-Associated Hyponatremia Consensus Development Conference. Clin J Sport Med. 2015;25(4):303-320.
  7. [7] Guest NS, VanDusseldorp TA, Nelson MT, et al. International society of sports nutrition position stand: caffeine and exercise performance. J Int Soc Sports Nutr. 2021;18(1):1.
  8. [8] Miller KC, McDermott BP, Yeargin SW, Fiol A, Schwellnus MP. An Evidence-Based Review of Exercise-Associated Muscle Cramps. J Athl Train. 2022;57(1):5-15.
  9. [9] Posada-Ayala M, et al. Nutritional Intake and Timing of Marathon Runners. Nutrients. 2025.